Déchets d'Activité de Soins à Risques Infectieux - DASRI

Les déchets d'activités de soins à risques infectieux (DASRI) regroupent les déchets issus des activités de diagnostic, de suivi et de traitement, en médecine humaine comme vétérinaire, qui présentent un risque infectieux ou blessant pour les personnes qui les manipulent. Ils sont soumis depuis 1997 à une réglementation stricte et spécifique, largement indépendante des filières classiques de gestion des déchets. Seul un segment particulier de ce gisement (les dispositifs médicaux perforants utilisés par les patients en autotraitement et les utilisateurs d'autotests) relève d'une filière à Responsabilité Élargie du Producteur (REP), confiée depuis 2012 à l'éco-organisme DASTRI.

Cette fiche présente le cadre applicable en 2026, les circuits de collecte et de traitement disponibles, ainsi que les prestataires habilités à collecter les DASRI en Occitanie.

[Mise à jour en septembre 2026, par l'équipe de l'ORDECO]

Définition et périmètre

Qu'est-ce qu'un DASRI ?

Les déchets d'activités de soins recouvrent l'ensemble des résidus issus des activités de diagnostic, de suivi et de traitement préventif, curatif ou palliatif, en médecine humaine comme vétérinaire. Ils se répartissent en deux catégories : les déchets d'activités de soins non contaminés, assimilables aux ordures ménagères, et les déchets d'activités de soins à risques infectieux (DASRI), qui regroupent les déchets infectieux composés de matières et d'objets contaminés ainsi que le matériel piquant, coupant ou tranchant (PCT), qu'il ait été ou non en contact avec un produit biologique.

Le gisement des DASRI provient de deux grands types de producteurs : les établissements de santé (hôpitaux, cliniques, pharmacies à usage intérieur) d'une part, et les producteurs « diffus » d'autre part : professions libérales (médecins, infirmiers, dentistes, pédicures-podologues…), laboratoires d'analyses, tatoueurs et particuliers en autotraitement ou utilisateurs d'autotests de diagnostic (diabète, anticoagulants, autotests infectieux, etc.).

Sur le plan juridique, seule la fraction issue des patients en autotraitement et des utilisateurs d'autotests relève de la filière REP, tous les autres producteurs de DASRI restent seuls responsables de l'élimination de leurs déchets, dans les conditions fixées par le code de la santé publique.

Codes de la nomenclature des déchets

Code déchet Désignation
18 01 01 Objets piquants et coupants (sauf rubrique 18 01 03)
18 01 03* Déchets dont la collecte et l'élimination font l'objet de prescriptions particulières vis-à-vis des risques d'infection
18 02 01 Objets piquants et coupants d'origine vétérinaire (sauf rubrique 18 02 02)
18 02 02* Déchets d'origine vétérinaire dont la collecte et l'élimination font l'objet de prescriptions particulières vis-à-vis des risques d'infection

* : astérisque indiquant le caractère dangereux du déchet (décision 2000/532/CE de la Commission européenne).

Cadre réglementaire applicable

Base légale et cadre général

Collecte des DASRI perforants issus des patients en auto-traitement (filière REP DASRI)

Emballage, entreposage et transport

La Responsabilité Élargie du Producteur (REP) applicable aux DASRI

Au sein du vaste ensemble des DASRI, seule la fraction produite par les patients en autotraitement et les utilisateurs d'autotests de diagnostic (DASRI-PAT) relève du principe de responsabilité élargie du producteur. Cette filière, créée en 2011, a été confiée à l'éco-organisme DASTRI, agréé depuis 2012 : les fabricants de dispositifs médicaux perforants (aiguilles, lancettes, stylos injecteurs, autotests…) lui versent une éco-contribution qui finance la mise à disposition gratuite de collecteurs, ainsi que la collecte et le traitement des déchets correspondants. Les établissements de santé et les professionnels libéraux restent, eux, en dehors du périmètre de la REP : ils demeurent seuls responsables de la gestion de leurs DASRI, qu'ils doivent faire éliminer par un prestataire spécialisé à leurs frais.

Depuis 2022, la filière couvre également les déchets d'équipements électriques ou électroniques associés à ces dispositifs (pompes patch à insuline, capteurs de glycémie en continu…), en application du décret n° 2021-1176 du 10 septembre 2021. L'agrément en cours de DASTRI, fixé par l'arrêté du 23 décembre 2022 sur la base du cahier des charges du 2 novembre 2022, couvre la période 2023-2028 et distingue des objectifs de collecte propres à chacun des deux flux.

Depuis la loi AGEC de 2020, toutes les officines de pharmacie ont l'obligation d'être point de collecte DASTRI et de remettre gratuitement aux patients concernés les collecteurs adaptés (boîtes jaunes pour les DASRI perforants, boîtes violettes pour les DASRI).

Collecte

Les circuits de collecte diffèrent selon le type de producteur, avec deux logiques bien distinctes :

Pour les patients en autotraitement et les utilisateurs d'autotests

La collecte s'effectue par apport volontaire, dans le réseau national animé par DASTRI : environ 20 165 points de collecte en 2025, dont plus de 19 000 pharmacies (95 % du réseau officinal) et des déchèteries partenaires.

Pour localiser un point de collecte : Géolocalisation DASTRI

Pour les établissements de santé et les professionnels

Pour identifier les prestataires déclarant collecter ou traiter des DASRI en Occitanie, consulter l'annuaire des prestataires de déchets de la région.

→ Lien vers : Les prestataires de déchets de l'Occitanie

Traitement et valorisation

Le code de la santé publique ne reconnaît que deux voies légales pour l'élimination des DASRI : leur incinération directe ou leur passage préalable dans un appareil de désinfection.

L'incinération

Les DASRI non prétraités sont détruits par incinération dans une unité de valorisation énergétique. Cette voie reste la règle générale prévue par la réglementation, sans étape intermédiaire de traitement.

La banalisation (désinfection)

Certains DASRI peuvent d'abord être neutralisés par un appareil de désinfection homologué. Une fois banalisés, ces déchets suivent le circuit classique des déchets ménagers, conformément aux articles R. 2224-23 à R. 2224-29-1 du code général des collectivités territoriales : soit ils sont incinérés dans une unité de valorisation énergétique (UVE), soit ils sont envoyés en installation de stockage de déchets non dangereux (ISDND), aux mêmes conditions que n'importe quel déchet non dangereux.

Vers une ouverture expérimentale à la valorisation matière

Jusqu'à récemment, seules l'incinération et la désinfection préalable (banalisation) étaient autorisées pour traiter les DASRI : tout réemploi d'emballage ou toute valorisation matière en était exclu. Le cadre évolue avec le décret n° 2026-162 du 4 mars 2026, pris dans le cadre du dispositif « France Expérimentation », qui autorise, sous conditions et sur autorisation ministérielle, au cas par cas, des expérimentations de réemploi des emballages primaires de collecte ainsi que des expérimentations de valorisation ou de recyclage des DASRI qui y sont contenus, avec un encadrement strict de la désinfection, de la traçabilité et du suivi microbiologique. C'est dans cette dynamique que s'inscrit Cosmolys, premier centre de désinfection de DASRI en France à avoir expérimenté, dès 2019, une unité de tri post-désinfection avec valorisation matière : les déchets broyés y sont séparés en plusieurs fractions, dont le polypropylène, nettoyé puis réintégré dans la fabrication de nouveaux emballages de collecte (fûts plastiques, boîtes à aiguilles).

Questions fréquentes (FAQ)

Puis-je jeter mes DASRI avec mes ordures ménagères ou dans le tri sélectif ?

Non, en aucun cas, quel que soit le producteur. Une seringue, une lancette ou tout déchet souillé par un liquide biologique doit être placé dès son usage dans un collecteur réglementaire, puis déposé dans un point d'apport volontaire (pharmacie notamment) s'il provient d'un autotraitement, ou pris en charge par un prestataire spécialisé s'il provient d'une activité professionnelle.

Pour aller plus loin

Documentation officielle